3 ou 4 tiers et 1 demi en plus, et hop! La prime de 1.000 euro, y'en a plus.

La règle des trois tiers.

J'ai mis du temps à comprendre cette énigme.

Pour le quatre quarts, c'est un par un beau matin de juin 1995 que j'ai soudain compris.
Un quart de farine, un quart d'œufs, un quart de sucre et un quart de lait. Tu touilles et tu mets dans un moule à quatre quarts, même s'il est rond. Et quand c'est rond, c'est mieux. Parce que quand le moule est rectangulaire, y'en a toujours qui laisse les bouts trop cuits ou trop cramés.

Et donc, je disais, pour le quatre quarts, j'ai été pris de frénésies. Pas une semaine sans que je n'en fasse un. De plus en plus perfectionnés, de plus en plus gros. Les voisins croyaient qu'on avait ouvert une pâtisserie clandestine tellement ça sentait dans ma rue!

Puis, après les meilleurs, les plus gros, j'ai tenté de varier les proportions. Évidemment, ça ne pouvait plus être tout à fait des quatre quarts. Moins d'œufs, ou plus de lait, ou moins de farine ou moins de sucre. Ou même, tiens, des fruits à l'intérieur, que je perdaient en route, parce que quand c'était cuit, on les retrouvaient au fond du gâteau, tous caramélisés et cramés au contact du moule.
Je sais, ça n'était plus vraiment des quatre quarts. Et puis tout le monde en a eu marre de mes expériences pâtissières. Je ne sais plus quelles sombres histoires de régime étaient invoquées.

Trois ou quatre tiers et un quart en moins plus tard, je tombe sur la déclaration universelle des droits des actionnaires.
Un tiers des dividendes à l'investissement (y compris les postes d'emplois fictifs pour les copains).
Un tiers des dividendes pour les actionnaires (ouf! On a craint le pire).
Un tiers pour les travailleurs (et comme le PDG, les cadres dirigeants, les employés fictifs sont aussi des travailleurs, ils touchent 2 fois!).

Ça, c'est dans mes rêves les plus fous, dans mes prières du dimanche à la messe.
Ou chez mon Docteur: ‟ Dites 33 (%)! ”.

Donc, pour Total, l'effectif est d'environ 97.000 salariés.
€10,5 milliards de bénéfices, ce qui fait un tiers à distribuer pour les salariés.
Soit €3,5 milliards à partager: €3,5 milliards/97.000 salariés = €36.082,47 chacun!
Ça en fait une belle prime de fin d'année, hein? Mais bon, c'est une simulation, parce que Total ne paient pas d'impôts en France et nous, contribuables leur avons fait un chèque de €200.000 de ristourne fiscale pour l'exercice 2010.

Et puis, ça fout un bordel monstre dans les médias, dans les partis, dans les entreprises, dans les conseils d'administrations.
Les ministres du travail, des finances et du budget se mettent sur la gueule pendant une semaine.
Et hier mercredi, après le conseil des ministres, tout le monde est d'accord. Ils ressortent avec leurs tronches de cake (la recette des trois tiers, vous savez, la farine, les œufs, et tout et tout).
Et finalement, les €1.000 (c'est un drôle de tiers, quand même mais bon...) c'est plus €1.000 mais ça dépend.

Ça dépend si c'est une entreprise de plus de 50 salariés. Déjà, les patrons se frottent les mains parce que nombres d'entre eux saucissonnent déjà depuis belle lurette leurs entreprises, via les holdings en entités de 50 personnes maximum pour éviter les comités d'entreprises, etc., etc.
On peut déjà enlever les 3.074.139 entreprises françaises de moins de 50 salariés...
Il reste 33.439 entreprises concernées de plus de 50 salariés.
Et sur ces  33.439 entreprises, il va falloir enlever celles en redressement, celles en dépôt de bilan, celles en restructuration (saucissonnage en tranches de 50 salariés maxi) puis encore celles dont le bénéfice aura baissé entre le dernier exercice et le précédent, un euro de moins et vous sortez de l'obligation.

Bref, le calcul est si bien ficelé (comme une rosette de Lyon) que finalement pas grand monde peut espérer toucher quoi que ce soit.

Mais pour les électeurs, c'est bon ça. Parce qu'il y a un argument incroyable, c'est que oui ‟ il ” a fait des promesses, et non ‟ il ” ne pouvait pas prévoir les crises financières, politiques et écologiques, ma pôv' dame! Il a bien fallut les trouver les €700 milliards pour renflouer les banques. Et c'est ‟ il ” qui s'y est collé le premier quand même.

On en revient donc a une recette bien plus simple, que j'ai comprise assez vite d'ailleurs.
La règle des deux demis. Parce qu'en cas de crise (canicule) quand tu as bu le premier, souvent t'en prend un deuxième.

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