Le goût des bonnes choses

Vinicircus, le grand cirque, la boue, les bottes, les bobos, mais pas très cool...

C'est quoi d'abord Vinicircus? La réponse est ici.

J'ai visité Vinicircus 2008 et j'avais pris un hébergement à proximité.

© Vinicircus 2010

C'était ma première visite à cette manifestation.

Je n'avais pas, à l'époque, envisagé la nécessité absolue d'être équipé d'une tenue de campagne (vêtements de travail, botte, etc). En effet, les conditions d'accès étaient catastrophique, boue, terrain inondé, pluie, etc.

Hormis les conditions d'accès j'avais en plus participé au repas des vendangeurs. Sublime, superbe, extra.

En 2009, je n'ai pas pu m'y rendre à regret.

Je viens de me rendre à l'édition 2010. J'avais, de surcroît, communiqué à de très nombreux contacts pour les inciter à se rendre à cette édition.

Je me suis juste imaginé que, expérience faisant, les conditions d'accueil seraient excellente.

Quelle (mauvaise) surprise!

Mon épouse m'accompagnait et je souligne juste qu'elle souffre d'une mobilité relativement réduite.

Arrivé sur le site de Hédé, nous approchons de l'accueil pour prendre nos billets et mon épouse demande les toilettes!

Pas de toilettes. Il a fallu qu'elle aille, à grand peine, aux toilettes publiques sur la place du village, et quelles toilettes! Immondes, sales, puantes. Imaginer la situation de mon épouse...

Après plus de 10 minutes, nous entrons ensemble sous le chapiteau, décidés à déjeuner.

Nous venons de Savenay, à 1 heure et 40 mn de là.

Il est environ midi trente.

Surprise.

Pas de restauration. Pas de tables. Pas de chaises.

Nous avons, bon gré mal gré, trouvé quelques sandwiches.

Besoin d'un verre d'eau pour des médicaments. Pas simple. Mais on y arrive.

Besoin d'une chaise pour mon épouse pour manger assise.

Pas possible. Rien. Nous sommes désemparés de cette ubuesque situation.

Le sol s'enfonce d'humidité sur une herbe glissante et un sol très irrégulier.

Je suis venu pour rencontrer des vignerons, déguster, passer du temps.

Nous entamons rapidement un tour de dégustation. 4 vignerons en tout.

Mon épouse doit retourner aux toilettes. Et re-place du village. Pénible, vraiment!

Retour plus de 10 minutes plus tard.

Elle est un peu fatiguée d'être debout.

À un stand de viticulteur, pendant une dégustation, elle demande une chaise au vigneron complaisant et super sympa.

Nous restons 15 minutes après quelques achats.

Nous repartons vers deux autres dégustations et, fort de mes quelques bouteilles achetées, il est 14 heures quinze, nous décidons de repartir.

Temps de notre bref passage: une heure quarante cinq.

Nous avons encore une heure quarante de trajet pour rentrer à la maison...

Bilan de cette escapade: lamentable.

J'ai revu certains de mes amis qui sur mes conseils se sont rendus à l'édition 2010.

J'en ai encore honte des commentaires des uns et des autres.

Certes, ils restent des amis ou des collègues, mais là, pfff...

Après l'édition de 2008, je partais convaincu que d'années en années, on allait voir s'améliorer l'offre dont l'idée est géniale: les vins naturels, le cirque, les spectacles, les repas et les produits, les cuisiniers, etc.

J'ai vu des viticulteurs tellement affamés vers les 14 heures ce jour-là, qu'ils n'étaient pas disponibles, en train de vider tant bien que mal l'assiette tant espérée. Blotti derrière une minuscule table de camping et les chaises, rares, le viticulteur affamé tente la bonne apparence.

J'essaie d'imaginer où a eu lieu le repas des vendangeurs et si c'était sous le barnum, je plains sincèrement les participants.

Je ne retournerai plus à Vinicircus .

J'avais donné les coordonnées à un ami viticulteur qui produit d'excellents Cour Cheverny, lui conseillant fortement de participer.

Je l'ai appelé pour lui expliquer et lui conseiller de lâcher l'affaire.

Je ne sais pas comment vous envisagez les prochaines éditions, mais au delà d'un amateurisme déconcertant, d'un contexte baba cool dépassé, d'un supposé relief ‟ bobos du 16ième arrondissement ”, il me semble qu'il y a matière à rebondir.

Je ne parle même pas des exposants, artistes, que je n'ai réellement vus qu'en repartant, enclavés dans le tunnel d'accès au barnum.

À moins que les objectifs de Vinicircus soient l'esprit campagne, nature, gros rouge et grosses bottes, cirés exigés, dans ce cas, c'est réussi et je vous félicite pour l'authenticité.

Si tels ne sont pas les objectifs présumés des organisateurs, alors il est temps de vous poser quelques questions.

Viticulteurs et vins naturels méritent beaucoup mieux que l'édition 2010, à tout le moins, respect et considération.

N'oublions pas visiteurs, amateurs et clients.

 

Grands crus, bières et vins... La carte des bières, chef, s'il vous plaît!

Bières et vins

 

Vous est-il arrivé de juste demander une bière dans un bar, mieux, dans un restaurant?

Je suppose que oui.

Et qu'est ce qu'on vous propose dans 99% des cas?

De la pisse d'âne de comptoir, insipide et imbuvable servie par millions de litres à grand renfort de publicité et argument qui ose parler ‟ du goût à la française ”. Le pire du pire. Mais le pire côtoie aussi le meilleurs comme dans le bordelais.

Pourtant, au même titre que le vin, la bière a ses grands crus, ses appellations, des trappistes, des bières blanches, des bières artisanales, régionales, des bio, de telles variétés et de tant d'origines que cet article ne sera jamais assez long pour parler de cette ancienne et millénaire boisson.

Pour ne citer que Wikipédia, petit rappel historique:

La bière est une boisson alcoolisée obtenue par fermentation, fabriquée à partir d’eau, de malt (céréale germée, très généralement de l'orge, parfois du froment ou du seigle) et de houblon.

Remontant à l’Antiquité (la fabrication de bière est attestée à Sumer au IVe millénaire av. J.-C.), elle est l'une des boissons les plus populaires à travers le monde.

Des versions faiblement alcoolisées (variant de 2° à 0°) sont présentes sur le marché. Contrairement aux autres boissons « sans alcool », elles sont fabriquées par les mêmes procédés que la bière classique. La fabrication de la bière est réalisée industriellement ou artisanalement dans une brasserie mais est réalisable par le particulier.

C'est dire à quel point la bière a marqué de nombreux peuples et nombreuses civilisations.

Mais aujourd'hui, peut-on lui rendre ses lettres de noblesse?

Certes, face aux brasseries industrielles et face au 3 ou 4 productions de pisse à bistrot, il existe heureusement de divines productions et variétés qu'on retrouve sur toute la planète et plus souvent pas loin de chez vous.

En effet, nombre de passionnés se sont lancés dans l'aventure de la fermentation artisanale avec souvent des produits de grande qualité.

Or, la cuisine française, la gastronomie, les chefs étoilés, dédaignent à tort ce qui est non seulement un breuvage digne mais qui ne souffre aucune comparaison avec les vins.

Je dirais même qu'il m'arrive régulièrement de déguster de l'excellente bière en apéritif et de poursuivre un repas en famille ou avec des amis avec d'excellents vins. Ce n'est ni antinomique, ni contradictoire contrairement à ce que des sommeliers ou des restaurateurs voudraient nous faire croire.

Pourtant, l'offre en bières est très importante. Il en existe des milliers, pour tous les goûts. Des parfumées, des brunes, des rousses, des blanches, des blondes, des noires.

J'ai autant de plaisir à découvrir une nouvelle bière qu'un nouveau vin. Récemment, lors d'un repas de famille, nous avons partagé des bières bretonnes. Délicieuses, suaves, colorées, parfumées, goûteuses, gouleyantes, fruitées, avec des notes acides, caramélisées, petits retours de noisette et d'amande fraîche, légers soupçons de noyau de cerise, effluves de mirabelles, j'en passe de tout ce que révèle la bière.

Certes, rares, très rares sont les bars qui vous emmènent dans autant de couleurs et de nuances. Mais pire encore, ces breuvages divins ‟ inexistent ” dans nos restaurants.

Pourtant, une belle carte des bières peu subtilement s'acoquiner avec des vins de grands crus classés et tout simplement côtoyer nos vins régionaux, vins rares, vins de parcelles et vins de tonnelles, vins de femmes et vins tout court.

Comme un Cour Cheverny ‟ Cuvée Salamandre 2004 ” en apéritif, j'ai vu beaucoup d'amis et de proches apprécier tout autant une Duvel, une Orval, une Nivelle, une Bouffay blanche. Les mots s'exclament avec les mêmes intonations, les mêmes poésies, les mêmes surprises, les mêmes découvertes et les mêmes plaisirs.

Pour les marques de bières, sans distinction de qualité, allez faire un tour du côté, encore, de Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_marques_de_bi%C3%A8res . Des centaines, des milliers et chaque semaine, de nouvelles bières apparaissent, de printemps ou de Noël, chacun trouvera la sienne.

Je n'ai aucun complexe à me régaler d'un sandre au four accompagné d'une ‟ Jean de Nivelles ”. Je tenterai de la même manière et sans complexe une cuvée ‟ Arena ” 2008, excellent chenin de Agnès et René Mosse.

Je me pose souvent la question de savoir pourquoi on ne trouve pas de bière dans les restaurants. Certains professionnels m'ont souvent répondu qu'ils n'avaient pas la demande, je crois plutôt qu'ils n'ont pas envie de faire l'offre et je crois aussi qu'un sommelier en prendrait un sacré coup dans son orgueil s'il se mettait à servir la mousse en salle au restaurant du Crillon.

Alors, décomplexez-vous et demandez, la prochaine fois que vous irez dans un bon restaurant, réclamez la carte des bières.

 

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