La violence à l'école. Et si c'était le vôtre (ourson) qui était un bourreau?

Depuis les grandes sections de maternelle jusque dans les cours de lycées, la violence devient ordinaire.
L'actualité viendra nous rappeler à quel point cette violence n'a plus de visage, pas de strate sociale, pas de limite. Comme la guerre. N'évoque-t-on pas les guerres sales plutôt que sales guerre? La nuance est de taille.


En Libye, les occidentaux utilisent des missiles antichars à l'uranium appauvri. Sale guerre et guerre sale. Et on évite d'évoquer les risques que représentent pour les populations locales, je pense aux enfants, le ‟ contact ” plus ou moins rapproché avec les effets de cet uranium appauvri. Puis on admettra qu'on savait. Que cela relève du secret défense et que ledit secret sera levé quand nous seront tous morts. En Irak, en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, à chaque fois qu'un missile vise une char ou un site renforcé.


Il en va de la même logique des parents. On admettra qu'on savait. Puis on laissera les enfants de démerder avec leurs vies, leur(s) violence(s), leurs souffrances, leurs peurs, leur homosexualité, leurs différences ou leur indifférence.
On voit d'abord ses enfants comme le miroir de nous-même, puis comme notre reflet, jusqu'à ce qu'on y voit ce qu'on ne veut pas voir. Notre intolérance, nos haines et nos violences. Et puis là, tout devient commode et simple.


On n'imagine pas se battre contre nous-même, finalement. On ne va tout de même pas se gifler soi-même ou se faire violence ou s'engueuler tout seul, non?
Se remettre en cause prend du temps. Détricoter son fil de vie pour comprendre et renaître quand on ne sait pas tricoter son existence, c'est pas simple.
Alors, les enfants sont là pour ça. Et les longues litanies des parents qui ne savent plus comment faire.
Les enseignants qui font la leçon au parents en les culpabilisant de ne pas être de ‟ bons ” parents, de laisser traîner les enfants dans les rues après l'école jusqu'à point d'heure.


Et les politiques qui voudraient faire des statistiques génétiques de la délinquance ou détecter dès la crèche, les comportements à risque, les futurs dealers, la graine de pédophile, les racines de chômeur, etc. Sacré déviance des institutions, des gouvernements et des élus.


Bien sûr que la violence à l'école ne commence pas à l'école. Certes, je me souviens encore des ‟ volées ” que mes instits me collaient parce que ceci ou cela. Les raisons n'étaient pas toujours évidentes. L'échec était contenu entre des parents craintifs plus que respectueux de l'institution et des enseignants persuadés de détenir la loi, le bon droit, la décence, ardents défenseurs du ‟ Travail, Famille, Patrie ”. On sait maintenant (ils sont tous morts aujourd'hui pour qu'on leur pose la question) où cela nous a mené.
L'introspection familiale nécessite de grands efforts soutenus mais accompagnés. La répression c'est l'aveu de l'incompétence et de l'incompréhension. Vous voyez, vous, un ministre, un député ou un président, venir à la télé et raconter comment il a raté ses enfants, pourquoi il est devenu alcoolique ou bien expliquer comment il a spolié et volé la collectivité en abusant de ses prérogatives ou de son pouvoir?


Et vous, qu'allez-vous répondre aux enfants qui vous demanderons pourquoi tous ces cols blancs, députés et autres élus, condamnés par des jugements souverains, pourquoi ceux-là s'en tirent à bon compte, ne vont pas ou très peu en prison, se font ré-élire, recommencent, trichent, volent, soudoient, détournent, prennent sans état d'âme?
Ça ne les excuse pas, ces enfants-là mais avouez que la tâche est rude.


Et si nous commencions par nous? Et si, tous petits déjà, à nos enfants, on leur expliquait, non pas qu'on sera leur modèle d'êtreté mais plutôt une méthode de cheminement. Qu'ils voient comment on détricote sa journée et comment on tricote le vivre ensembles.


Et puis sans doute éviter la spirale infernale du paraître, les fringues qu'on a pas eu étant ado, les smartphones qui n'existaient pas, l'appartement dans un quartier chic que vos parents n'imaginaient même pas de leur tour HLM au douzième étage, le club d'équitation de la fille du notaire que vous détestiez de jalousie, le mari de votre meilleure amie, dont vous étiez follement amoureuse, vous aviez vraiment envie de la tuer, votre meilleure amie. Fouillez un peu et vous trouverez tous les fondements de l'éducation de vos enfants.


Nous construisons nos enfants sur ce qui nous a le plus sollicité, un père colérique, violent, intolérant. Une mère soumise ou frustrée. Un ami qui vous a rejeté. Un prof qui vous collait à tour de bras. Un voisin en rut qui vous matait. Une copine partie s'installer à Londres. Nous construisons nos enfants, souvent avec ces frustrations, ces haines et ces désespoirs. Et puisque nous ne pouvons pas les résoudre, les comprendre, les éluder, les régler, les évacuer, alors ce sont nos enfants qui passent à la caisse. On a rempli leur caddie dès leur naissance, comme des messies venus nous délivrer de nos vies qu'on ne veut pas détricoter, et puis ils auront donc toute leur vie pour payer nos pelotes. Et à quel prix!


Ça fait cher la laine, non? Pire encore, on tond leur croissance de tout ce qui dépasse qu'on ne veut pas voir. J'ai eu la chance de voir le reportage ‟ Dans les yeux d'Olivier ”, l'émission diffusée à 20h30 le mardi 12 avril (http://www.pluzz.fr/dans-les-yeux-d-olivier.html : prendre le reportage en route à partir de 1h02'30'' ) on on entend s'exprimer Laurence (je crois). Elle exprime la lâcheté des parents qui découvrent, comme s'ils tombaient de l'arbre, l'homosexualité de leur progéniture, lors d'un ‟ coming-out ” volontaire ou non, préparé ou pas.


C'est nier sa propre existence de parent d'affirmer qu'on ne savait pas. Qui mieux qu'une mère, qu'un père ‟ sait ” son enfant, sent sa vie se faire à fleur de peau? Personne mieux qu'un parent ne sait faire cela. Ça ne veut surtout pas dire que soi-même, parent d'un enfant homosexuel, avons refoulé une orientation sexuelle, non! Juste qu'il faut aussi prendre son enfant dans ce qu'il naît. Il ne vous viendrait pas à l'idée de lui crever les yeux parce qu'ils ne sont pas de la bonne couleur, ou lui couper la tête parce qu'il n'est pas brun ou blond, frisé ou pas! Pas plus que vous ne pouvez couper ce qui ne vous convient pas en lui.


Dès lors nous devons ne pas leur faire porter des valises qui ne sont pas les leurs, remplies de nos merdes de vies, de tout ce dont nous ne voulons pas qu'on nous y reconnaisse. Leurs valises, elles sont vides. C'est à eux d'y mettre les affaires de leurs vie. Ils les plient ou les rangent comme bon leur semble. Et si un jour vous les voyez faire leurs valises pour de bon, vous n'y verrez rien qui ne vous appartienne, vous n'y verrez que leur garde-âme, garde-cœur, garde fou de lendemain à construire, de maquettes de vie inimaginables, de plans extraordinaires.


Les voilà partis offrir et partager leurs richesses, leurs différences, leurs êtretés, les leurs.


Alors oui! On emprunte la vie de nos enfants. Rendons-la leur en bon état. Et cessons de chercher les coupables et des responsables ailleurs, l'école, les profs, le fils de la voisine, le fils du boulanger, le fille du concierge du bâtiment B de la cité d'à côté.


Posons-nous d'abord les bonnes questions, le matin, en se rasant ou en se ‟ maquillant ” la vie... Avant que nous ne soyons tous morts.


Et pour tous les parents qui vivent dans le monde des bisounours et des "bisounoursonnes"... Ah keu tout le monde il est trop gentil!
Et si c'était le votre (ourson) qui était un bourreau?
Cette sale petite teigne à qui vous faîtes des gros câlins en rentrant de l'école, hein?

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