Flics, gendarme, citoyen ou serpillière, il faut choisir...

 

Parce que l'adjudant A. (et tous les privés de voix de la Grande Muette) soutient son collègue Jean-Hughes Matelly, cadre et officier de gendarmerie, radié par décret du Guide Suprême, le Grand Démoctateur S. Premier, il prend le risque d'écrire ce singulier et poignant poême qui en dit long sur l'instrumentalisation du corps pourtant jusque là prestigieux des gendarmes, de ses cadres et élites.

Du coup le voilà à son tour suspendu par sa hiérarchie.

Et je pense qu'il s'agit d'une grave erreur d'interprétation du droit d'expression exercé strictement dans le cadre de travaux de recherche d'ordre universitaire. Ce n'est pas le gendarme Jean-Hughes Matelly qui a confié sa contribution à Rue89, mais bien le chercheur du CNRS. Cette simple confusion des genre dans notre belle, toute nouvelle et puissante démoctature permettrait donc, à l'insu de leur plein gré, aux serpillières du Guide Suprême de bâillonner la recherche, rien de moins...

Le cri du délit:

« Il faisait beau alors, le jour où j'ai signé !
Je me souviens comme j'étais fier de m'engager,
D'être formé à ce métier par mes aînés…

Du bon droit je voulais être le soldat,
Dans le respect des traditions et des hommes.
Du citoyen, à tout faire je serai l'homme !

De ma personne alors, j'ai donné sans compter.
Ma famille dans cette voie s'est trouvée liée.
Mes devoirs étaient les siens sans qu'elle ait signé…

Nos Gradés, nos Officiers étaient nos modèles.
Ils savaient nous motiver et nous ordonner.
Alors nous étions soudés, unis et fidèles…

Nous savions des sacrifices la juste raison,
Et étions tous reconnus “Servants de la Nation ! ”
De la France, la plus noble et vieille Institution.

Un nouveau Roy fût nommé, et tout a changé.
Diviser pour mieux régner, tel était son but !
Il y parvint bien, précipitant la chute !

Pour ce faire, il choisit bien parmi les nôtres,
Ceux d'entre eux les plus vénaux, les moins fidèles,
Leur fit tant miroiter, qu'il furent ses “apôtres”.

Ces vendus et parjures aujourd'hui, ont ourdi
D'enterrer sans coup férir notre belle histoire…
De nous taire ils nous ordonnent, arguant : “Tout est dit ! ”

L'un des nôtres osa parler sans démériter,
se faisant ainsi le râle de notre douleur…
Il fût vite éliminé par ces fossoyeurs !

Aujourd'hui, Sainte Geneviève saigne et pleure,
Je sens bien ses larmes chaudes sous mon képi,
Comme si sur moi SARKOZY faisait son pipi…

Soldats nous sommes, et c'est debout que nous mourrons.
Et à l'instar de CAMBRONNE, “MERDE” nous dirons.
Nous briserons nos armes, mais nous taire “Pas question ! ”

Nous ne sommes que des hommes, soldats mais citoyens,
Et nos voix dans l'urne pèsent bien pour un scrutin…
Qu'on les entende ensuite, d'étonnant n'a rien.

Nous taire il ne faut point, surtout si c'est la fin !
Au pays des Droits de l'Homme, on dénie les miens.
Fidèle, loyal je suis, muet je ne suis point.

Même si tout est fini, que prévue est la fin,
Nous n'irons au sépulcre qu'après avoir tout dit.
Geneviève, Chère Patronne, Il pleut sous nos képis ! »

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