Esclaves des soldes, c'est une chose. Enfants esclaves du coton, s'en est une autre.

Environ 3 millions d'enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent au Burkina Faso, la Côte d'Ivoire et le Mali, principalement dans les champs de coton pour environ €12,00 par mois, travaillant de 6 heures le matin à 17 heures le soir, quand ce n'est pas plus tard. 6 jours sur 7.

Violentés et battus, privés de nourriture parfois, ils n'ont aucun échappatoires. Les rabatteurs spécialisés promettent aux parents crédules et miséreux, d'hypothétiques eldorados et enlèvent leurs enfants parfois âgés d'à peine plus de 7/8 ans de l'école pour les remettre à de parfais inconnus.

Ils seront pris en charge ensuite par des pourvoyeurs qui ‟ livrent ” leur ‟ marchandise ” aux propriétaires de champs de coton pour €25,00 par enfant. Ces pourvoyeurs peuvent gagner ainsi 10 fois le salaire moyen de leur pays d'origine, dans ces trafics innommables.


Le Burkina Faso  interdit pourtant le travail des enfants...

L'Agence Française du Développement finance en grande partie les programmes cotonniers de ces pays.

Et quand, dans le reportage de Canal+ (Spécial investigation), la journaliste interroge Dov Zerah, son directeur général, pas moins, dans son très vaste et luxueux bureau parisien,  celui-ci semble tomber de l'arbre quand elle aborde le travail des enfants dans les champs de coton.
Il est tellement abasourdi qu'il semble pris d'un curieux état de panique, le visage paralysé et stupéfait d'une telle annonce. J'ai bien cru (je vous le jure) qu'il allait nous faire un infarctus.

A priori, l'Agence Française du Développement est plus soucieuse de l'enrichissement de la filière coton que de la manière de récolter. Et puis, non, il n'a jamais vraiment entendu parler de ces pratiques...

Dov Zerah a été membre du conseil d'administration de la Sofitex dont la France détenait, il y a peu encore, 34% des parts.

En clair, La France, bailleur de fonds via HSBC et Natixis n'est pas prête de s'inquiéter de comment on récolte le coton en Afrique, ce coton dont sont fabriqués 80% des vêtements vendus dans les filières habillement et prêt-à-porter françaises. La journaliste du reportage a été confronté au silence équivoque des grandes enseignes de l'habillement. Toutes ont refusé le moindre entretien.

Et ce n'est pas la nomination de Rama Yade, Ambassadrice de France à l'Unesco qui fera bouger les choses. Trop occupée par sa carrière, grande gueule de loin, petites idées de près. Française d'abord (Comment pourrait-on le lui reprocher?) ses coups d'éclats comme son récent ralliement au radicaux centristes de Jean-Louis Borloo n'en fond malheureusement pas l'ambassadrice des enfants esclaves d'Afrique. Les boutiques Dior ont encore un bel avenir, pour longtemps et surtout avec du coton africain.

En 2009, le budget de fonctionnement de  l'Agence Française du Développement a dépassé les 6 milliards d'euro...

Et vous, demain, quand vous irez faire les soldes, vous y penserez à ces piou-pious qui triment comme vous n'accepterez jamais de le faire même 10 secondes de votre vie?

Alors, si vous pouvez le faire, visionnez ce reportage. Faites-le pour les enfants-esclaves. Ça sèmera, peut-être, une petite graine d'indignation et d'action dans votre cœur, là, où ça fait boum-boum presque 2000 fois par jour!

 

 

 

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